Blog de Pierre Karleskind

lundi, janvier 23 2012

Hollande...mains qui chantent

lebourgethollande.jpgRetour ce lundi matin dans le TGV le coeur léger d'un dimanche si particulier.

François Hollande a pris hier la dimension que le moment exigeait du candidat à la Présidence de la République. Cet homme à qui "rien n'a été donné" a montré sa conception de l'Etat: Un Etat au service de la Nation, une République au service des citoyens, une France au service de l'Humanité. Il a donné à voir un homme déterminé, loin, très loin des caricatures qui ont pu lui coller à la peau des années durant.

Je n'avais pas soutenu François Hollande aux primaires, parce que je ne pensais pas qu'il pouvait être l'homme qu'il a été hier. Ferme, rassembleur, intransigeant et fier des valeurs de la gauche, il a balayé tous les doutes qui pouvaient encore flotter autour de sa campagne. Il suffisait de voir tous ces militants hurler leur enthousiasme pendant 1h30 de discours. Il suffisait aussi de voir les dirigeants du parti : Martine Aubry surtout, tout sourire, visiblement fière d'avoir mené le parti là où il est, et heureuse de s'être réconciliée avec François. Il n'y a plus aubryistes, ni montebourgeois, ni hollandistes : nous sommes tous les militants de la victoire de François Hollande.

François Hollande n'a pas promis les lendemains qui chantent et pourtant, en ce lundi matin, chante en moi la petite musique du changement que nous attendons depuis longtemps. Le changement, ce n'est pas le 6 mai, le changement, c'est maintenant, et ça doit durer!

jeudi, janvier 19 2012

Journée "typique" à Bruxelles

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Mardi. Arrivée au 14, rond-point Schuman (au pied du siège de la Commission européenne et de celui du Conseil européen) à 18h pour les voeux du Président de la Région aux Bretons de Bruxelles. Une soixantaine de personnes se pressent dans les locaux de l'espace partagé avec les Pays de la Loire et Poitou-Charentes. Il y a là des membres de cabinets de Commissaires, un directeur général, des fonctionnaires européens, des représentants de différentes institutions, associations ou entreprises. L'ambiance est bonne, même si les commentaires sur "l'état de l'Union européenne" ne sont pas optimistes.

A 20h, dîner avec Eleni Marianou, Secrétaire générale de la CRPM. Nous discutons des actions à mener en 2012, des perspectives pour le budget européen pour la période 2014-2020. Une place d'observateur est à pourvoir au FIPOL, elle pourrait échoir à un élu breton. Nous nous mettons d'accord pour accentuer nos travaux sur la question de la sécurité maritime.

Mercredi. A 9h, rencontre avec Martine Allais (déléguée permanente de la Bretagne à Bruxelles) et Jean-Philippe Peuziat (chargé de mission transports au bureau partagé) pour discuter des actions à mener pour l'intégration du port de Brest dans le réseau central trans-européen de transport. A 9h30, discussion avec Ludovic Colin et Stéphane Peyhorgue (chargés de mission au bureau partagé sur les aides d'état et le marché intérieur) sur les enjeux de la visite à organiser de Gwenegan Bui, vice-président de la Région en charge du numérique. Nous avons une bataille à mener pour que l'Union européenne nous accompagne dans le financement de la fibre en Bretagne.

10h15, rencontre avec Véronique Ollivier, directrice de l'antenne bruxelloise du Think tank "Confrontations Europe", fondé par Philippe Herzog. Je lui expose les ambitions bretonnes en matière de numérique et insiste sur l'enjeu politique et économique qui se cache derrière la mise en place des nouveaux services relatifs au Très Haut Débit. Le message est très bien entendu, elle me propose de préparer un papier sur le sujet pour la revue du think tank.

12h30, déjeuner amical avec un membre de cabinet de la Commission européenne

14h, rencontre avec Bernhardt Friess, responsable de l'unité Atlantique à la direction générale MARE. Nous échangeons sur l'organisation du "Forum de l'Atlantique", instance de discussion de la stratégie maritime pour l'Atlantique. Je lui fais savoir que la Région Bretagne est candidate à l'accueil en 2012 d'une édition du Forum, et insiste sur le rôle qui doit être donné aux régions pour la définition et la mise en oeuvre de la stratégie. Mes propos sont accueillis avec la réserve toute technocratique de circonstances mais tout de même avec intérêt.

15h, rencontre avec Jean-Noël Ladoie, chargé des affaires maritimes à la Représentation permanente de la France auprès de l'Union européenne, pour lui exposer le souhait de la Bretagne d'accueillir une édition du forum de l'Atlantique. Nous échangeons, avec ce représentant de l'Etat, des meilleurs moyens de tirer profit de la mise en place de la stratégie maritime pour l'Atlantique.

16h, Retour au bureau du Rond-Point Schuman pour debriefing.

18h, départ de la gare de Bruxelles-midi

jeudi, décembre 15 2011

Débat d'orientation budgétaire 2012 : oui à l'action publique

Vous trouverez, ci-dessous, mon intervention lors de la session sur les orientations budgétaires au nom du groupe Socialistes et apparentés :

M.le Président, cher collègues,

dans la période actuelle de désorientations financières, le débat d'orientations budgétaires tombe à point. Tombe à point car il est pour nous l'occasion de poser les bases de notre engagement politique en faveur de la Bretagne et des Bretons, de montrer que gouverner, c'est anticiper, et surtout, je crois, de répondre à certains doutes, doutes qui sont bien plus que des doutes en fait, sur la nécessite ou l'opportunité de l'action publique.

Désorientations financières, disais-je, qui s'accompagne de désorientations politiques. Les sommets européens se succèdent tous les 3 jours, et il n'est pas certain que le problème à résoudre quand j'aurai fini mon intervention sera le même que celui qui est en suspens maintenant à 18h25. Nous le voyons, la crise des dettes souveraines plonge l'Europe et ses dirigeants dans un état de fébrilité qui ne rassurent personne.

La crise des dettes souveraines a une origine, c'est la crise de 2008, dit des subprimes, qui a poussé les gouvernements à un endettement excessif des Etats, alors que leur situation n'était déjà pas brillante.

Alors quelles solutions nous sont proposées pour sortir de cette crise par le directoire Sarkozy-Merkel ? La réforme des traités (procèdure qui prend 2 ans, avec un risque de refus de plusieurs Etats-membres) pour renforcer le pacte de stabilité. On n'entend que ça! « Pacte de stabilité ». Ca, la stabilité, nous l'avons. Les 10 dernières années ont été pour la zone euro la période au cours de laquelle cette zone (avant son existence) a connu la plus faible croissance...pendant que le reste du monde connaissait la plus forte croissance de toute l'histoire de l'humanité.

Mais pourquoi parlent-il tous de ce pacte de stabilité, alors qu'il s'appelle pacte de stabilité et de croissance??? Souvenez-vous, 2007, le point de croissance arraché avec les dents, le choc de croissance et donc le choc de confiance. 2007, c'était aussi l'époque où le président de la République avait dans son programme les subprimes. C'est aussi l'époque où le 1er Ministre déclarait être à la tête d'un Etat en faillite. 5 ans plus tard, la croissance est morne, l'endettement abyssale. Songez qu'en 10 ans, la Droite qui se délivre des certificats de bonne gestion, a doublé l'endettement de la France! D'un Etat en faillite on est passé à l'état de banqueroute.

Il faut donc maintenant payer! Alors, on remet les bonnes vieilles marottes sur le tapis : les 35h, d'ailleurs savez-vous que la 35ème taxe du président Sarkozy a été votée il y a 2 semaines, elle rapporte 2 milliards d'euros et porte sur le métro, la rénovation des logements, Mme Malgorn fait bien de demander à ce que nous soutenions les PME du bâtiment. Cette taxe a été votée en même temps que la suppression de la taxe sur les nuitées dans les hôtels de luxe, et rassurez-vous, l'essentiel a été préservé, le homard est resté un produit de première nécessité et reste taxé à 5,5%. Les 35 heurs donc, la retraite à 60 ans... si la crise des subprimes s'est déclenchée, c'est parce que les Français travaillent pas assez, qu'ils partent à la retraite trop tôt, qu'ils ont trop d'arrêt maladie, que leurs profs sont trop payés, qu'ils accueillent trop d'immigrés sur leur territoire, qu'ils sont trop sympas avec les Roms, qu'ils ne payent pas assez de TVA. Eh oui c'est à cause de tout cela que la crise des subprimes s'est déclenchée aux Etats-Unis. Taxer la spéculation, surtout pas. Faire payer les banques, n'y pensez pas!

Alors c'est dans ce cadre-là que nous sommes amenés à discuter des orientations budgétaires. Dans ce cadre où toutes les augures qui autrefois vantaient les mérites des produits financiers exotiques, nous enjoignent à dépenser moins. "Réduisez la voilures", qu'ils nous disent. Mais soyons clairs et honnêtes, ce qui est à la base à la fois de la crise des subprimes et de l'amaigrissement des recettes publiques, c'est la conjonction de deux choses : la première, constatée depuis 30 ans, c'est le transfert de la richesse produite de la rémunération du travail vers celle du capital. La deuxième, c'est la volonté politique délibérée de baisser les impôts des plus aisés.

On avait voulu nous faire croire que c'était en libérant l'argent qu'on allait permettre de faire les investissements pertinents (bah oui, la main invisible est nécessairement pertinente) dont l'économie a besoin. La réalité est qu'au cours des 30 dernières années, la richesse ainsi dégagée a été investie dans les mécanismes financiers spéculatifs qui ont eu l'effet d'une lessiveuse géante redistribuant les revenus en accentuant encore plus les écarts entre ceux qui ont et ceux qui n'ont pas.

Nous arrivons aujourd'hui dans une situation où les investissements pertinents, les investissements productifs n'ont pas été faits, et nous en payons le prix! Ils n'ont pas été faits car comment peut-on espérer de ceux qui n'ont d'intérêt qu'au gain immédiat et important qu'ils préparent l'avenir.

Si ces crises qui se succèdent devaient nous laisser une conviction, c'est celle qui doit nous amener à considérer que les investissements pour l'avenir doivent être décidés et financés collectivement. C'est à ce prix qu'un pacte de stabilité ET DE CROISSANCE trouvera ce sens.

Décider et financer collectivement, c'est précisément l'objet de l'élaboration du budget du Conseil régional. Monsieur le président, vous nous proposez dans les orientations budgétaires pour l'année 2012 de ne pas réduire la voilure, mais d'afficher les ambitions. Vous avez bien raison, les enjeux de notre région nécessite que la main forte de la puissance publique se saisisse des leviers à sa disposition.

L'effort pour la formation est maintenu, car c'est d'abord par l'homme qui est le premier investissement que nous dessinerons le futur de la Bretagne. Un des borderaux nous rappelle combien sont grands les besoins des demandeurs d'emploi et combien nous devons être en mesure de répondre aux affres de la situation économique. A noter aussi le CPRDF et le COM apprentissage.

La mise en oeuvre en vitesse de croisière du pacte de la Bretagne avec les jeunes se retrouve dans ces orientations, avec en particulier un effort sur le logement et la mobilité des jeunes

L'effort est grandissant pour le numérique. Là aussi, la main invisible ne marche pas. Elle couvre 40% des Bretons, 10% du territoire. Sans notre intervention, financièrement engageante, la fracture serait béante entre ceux qui sont connectés et les autres, entre les pôles urbains et le centre de notre région.

Nous entrons dans une phase dure du programme BGV, là aussi, nécessaire à l'attractivité de notre territoire.Nous l'avons déjà moultes fois rappelé, mais votre vision de long terme, la capacité que vous avez eue, à vous projeter dans le futur il y a quelques années lorsque vous établissiez les budgets des exercices précédents, permet à la Bretagne de se payer la grande vitesse. Evidemment, bien d'autres éléments seront au budget, je pense notamment aux ports, qui feront l'objet d'investissements particulièrement massifs que ce soit Brest ou bien Lorient.

Alors, certains voudraient que nous coupions dans les dépenses! L'exemple de la Grèce ne suffit-il pas? En ayant taillé drastiquement, les Grecs sont en récession et n'atteindront pas les objectifs de convergence. Les Diafoirius qui font office de gouvernants en Europe, veulent couper tout ce qui dépasse, budget des collectivités, budget de l'Europe. Mais Monsieur le Président, si cette bouteille contient la dette de l'Etat en France (1600 G€), ce verre contient la dette des collectivités (uniquement des investissements), et voici la dette de l'Union européenne. Il faut saluer votre engagement en faveur de l'Europe et souligner le message que vous êtes allés rappeler à Bruxelles en rencontrant M. Barosso. Message que le Président Barosso a bien reçu en vous confirmant l'importance de la place des régions dans la définition de l'avenir des prochains contrats de partenariats qui encadreront les programmes opérationnels.

Je le crois profondément, renconcer à l'intervention publique, de quelques manière que ce soit, n'est pas juste un abandon des plus démunis, elle est dramatique pour l'avenir même de notre système économique et social que certains prétendent protéger en le démentelant.

Joyeux Noël et Bonne année

samedi, novembre 26 2011

Convention du Parti socialiste européen (PSE) : Merci Poul Nyrup Rasmussen!

IMG_1158.JPGPoul Nyrup Rasmussen, président historique du PSE, a décidé de quitter la tête de ce parti qu'il a animé pendant presque 8 ans.

Au cours d'un discours émouvant, il s'est félicité de voir une convention du PSE rassembler plus de 2000 personnes, se rappelant des débuts du PSE où un bar suffisait à accueillir les pionniers. Mais il nous a surtout laissé un testament politique fort.

L'Europe est dans une situation de crise économique majeure, mais pire encore, elle est dans un affaiblissement dramatique de sa gouvernance. Le directoire Merkel-Sarkozy mène l'Europe dans une austérité destructrice. Les services publics, la protection sociale, l'esprit de solidarité : tout passe par pertes et profits. Lorsque les dirigeants européens conservateurs se lèvent le matin, ils ne se demandent plus ce que leur peuple pense d'eux, mais ce que les agences de notation perçoivent de leur action.

Mais en affaiblissant ainsi la puissance publique, les alliances libérales-conservatrices mettent en danger l'économie dans son ensemble. Car c'est bien la croissance même qui pâtit du retrait de l'engagement public.

Il est de la responsabilité des progressistes européens de redonner du sens à l'Europe, de remettre l'action publique, la solidarité, l'environnement, au coeur de notre modèle de développement. Les années qui viennent nous donneront des opportunités à saisir.

Merci Poul et bienvenue dans les rangs des simples "PES activists"

jeudi, novembre 24 2011

Séminaire à Poznan (Pologne) sur la politique européenne de cohésion économique, sociale et territoriale

Logo_presidence_polonaise_2011_UE.pngLa politique de cohésion, c'est la politique régionale de l'Union européenne. Cela n'est pas très connu, mais c'est pourtant le 2ème poste budgétaire de la Commission après la Politique agricole commune. Ce sont plus de 350 milliards d'euros sur la période 2007-2013 qui vont directement dans les régions pour contribuer à leur développement, dans une optique d'harmonisation et de compétitivité.

Aujourd'hui se discutent les orientations budgétaire de l'Union pour la période 2014-2020. Les Régions ont besoin de l'aide européenne pour dynamiser leurs territoires. A l'occasion de la Présidence polonaise de l'Union européenne, un séminaire s'est tenu ce jeudi 24 novembre à Poznan, capitale de la Wielkopolska, notre région polonaise jumelle.

Au cours du séminaire, nous avons, représentants de Région rappelé l'importance de la politique de cohésion. Devant les Ministres et Commissaires européens présents, les exemples nombreux ont montré son intérêt. Alors que le budget de l'Union est sous pression, il ne faut pas renoncer aux fondamentaux qui ont vocation à faire une Europe harmonieuse.

Vendredi 25 novembre une réunion informelle des Ministres concernés par le sujet se tiendra. Jean-Yves Le Drian, président de la Conférence des Régions Périphériques Maritimes sera présent et ne manquera pas de rappeler le poids des Régions dans la réalisation des objectifs de l'Union.

mercredi, novembre 23 2011

CAMIS (Channel Arc Manche Integrated Strategy) : Forum de la Manche

logocamismodifie__081622400_1409_27062011.gifC'est devant un parterre de 90 participants que j'ai eu l'honneur de conclure la journée de travail et d'échanges du Forum de la Manche.

Réuni pour la 2ème fois après une 1ère édition à Exeter, le Forum de la Manche, dans le cadre du projet Interreg CAMIS, se veut un lieu d'échanges entre les acteurs maritimes venant de part et d'autre du "Channel".

Les débats ont montré l'intérêt de la double approche, liant la globalité des enjeux et l'approche territoriale. Sur un bassin comme celui de la Manche, les frontières nationales doivent être dépassées et les problématiques ne peuvent être pensées séparément.

Le projet aboutira à la publication de la stratégie maritime pour la Manche qui donnera les pistes de travail que nous aurons à coeur de poursuivre. Il nous permettra notamment de donner un cadre maritime intéressant au futur programme 2014-2020 de coopération transfrontalière France-Angleterre.

Enfin, la démarche proposée par CAMIS pourra servir de base au futur Forum de l'Atlantique, dans le cadre de la stratégie maritime pour l'Atlantique qui sera dévoilée le 29 novembre 2011 à Lisbonne.

lundi, novembre 21 2011

Energies marines : ça avance en Bretagne

Sabella_D03_C2_A9Sabella_SAS.JPGAprès l'immersion de l'hydrolienne Arcouest au large de Paimpol, une série de bonnes nouvelles vient confirmer l'engouement pour les énergies de la mer.

Le projet France Energies marines de Pôle d'excellence du domaine a été labellisé et devrait bénéficier d'investissements massifs de la part de l'Etat et des collectivités. Basé à Brest, il sera le fer de lance français de la recherche sur les énergies marines.

L'hydrolienne Sabella fait, avec moins de bruit, son chemin vers l'immersion du côté d'Ouessant. Le Conseil régional soutient le projet et a décidé de lui allouer 800 000€ du Fonds européen de développement régional.

L'appel d'offres éolien offshore est paru et les consortiums se rapprochent de Brest pour réfléchir au meilleur dispositif logistique pour mener à bien des projets visant à installer sur chacun des 5 sites, une centaine d'éoliennes de 5MW. De par sa position, ses infrastructures et sa main-d'oeuvre qualifiée, Brest fait figure de favorite pour accueillir une grande partie de l'activité qui en découlera.

La Bretagne avance vite dans la voie des énergies renouvelables. On ne s'en plaindra pas.

mardi, septembre 27 2011

Le Morbihan, décryptage d'une victoire de la Gauche unie dès le 1er tour

Les Sénatoriales auront fait de ce dimanche un moment historique: historique en France, puisque cette Assemblée a enfin connu l'alternance, historique dans le Morbihan, puisque dans ce département, les 3 Sénateurs sont maintenant de gauche. Pour moi, 4 raisons expliquent ce résultat dans le Morbihan:

  • Défiance envers Sarkozy

La tendance est nationale. La défiance envers le Chef de l'Etat est grande. Après la réforme des collectivités et de la fiscalité locale et maintenant les affaires, l'exaspération des citoyens que sont les élus locaux s'est traduite concrètement dans les urnes.

  • Changement de tendance des Maires des petites communes

Il est dit (par on ne sait qui) que les Maires ruraux sont de droite. Cela me semble de moins en moins vrai. L'engagement politique n'est plus lié à une tradition familiale conservatrice. Aujourd'hui, les Maires s'engagent pour la collectivité avec l'envie de mener à bien l'action publique pour le bien commun. Le réflexe d'appartenance à la droite s'estompe et ces Maires sont très sensibles à la capacité que le pouvoir national a à respecter leur engagement.

  • Elections de 2008

Conséquence des élections de 2008, dans de nombreux endroits, la gauche a gagné les élections locales en 2008 et constitue donc une part importante du corps des grands électeurs. C'est la suite logique de la forte poussée de la gauche aux Sénatoriales de 2008.

  • Union de la Gauche

C'est dans un esprit de grande responsabilité que le PCF et Europe Ecologie - Les Verts se sont rangés derrière le PS dans le Morbihan, dans l'espoir, ténu, de conserver le siège d'Odette Herviaux. Cela a payé puisque celle-ci, contre toute attente, a été élue au 1er tour. Le 2ème tour devait nous réserver une immense surprise qui a fait dire à Jean-Yves Le Drian : "cette victoire de la liste des élus de gauche, écologistes et de progrès, est la preuve que l'Union marche lorsqu'elle se fait dès le premier tour".

Face à une Droite qui se radicalise (ce fut flagrant lors de la session jeunesse du Conseil régional), la Gauche a une responsabilité envers le pays. Cette responsabilité, nous devrons l'assumer et devrons savoir nous extraire de nos considérations locales pour porter l'Union comme ferment de la victoire en 2012.

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