44L'eau qui coule au robinet des Brestois provient en grande majorité de l'Elorn. Une fois utilisée, elle part en direction de l'océan. En résumé, c'est très simple, elle fait juste un détour avant d'arriver à la destination qu'elle aurait, de toute façon atteinte.

Pas si simple que ça, en fait. D'abord, l'eau de l'Elorn, quand elle est prélevée à Pont-ar-Bled, n'est pas toute nette, il faut la nettoyer. Problème que n'ont pas beaucoup de villes qui ont un approvisionnement protégé (comme Paris) ou naturellement propre (les villes de montagne). Ensuite, Brest est vallonnée et il faut faire monter l'eau dans les tuyaux. Les stations de relevage ont donc un coût de fonctionnement que les villes qui ont l'eau sous pression au robinet n'ont pas.

Enfin, l'eau que nous rejetons après usage doit être traitée d'autant plus fortement que nous sommes prêts de la côte. Pas question pour nous de compter sur la filtration naturelle des sols pour faire une part du boulot. Nos eaux sales, si nous les rejettions directement finiraient telle quelle dans la rade.

Ce cheminement, finalement pas très simple, a un coût non négligeable. Ainsi, l'assainissement, à Brest, a un coût plus élevé que la production d'eau potable. Tout ça doit donc nous amener à prendre en compte l'ensemble des facteurs de coût quand nous comparerons les prix avec les autres villes.

Grenoble... a-t-elle les mêmes enjeux que nous sur l'eau?