37Alors que je m'en allais par les routes de Brest au travail sur ma bicyclette, j'ai pu constater hier matin que la circulation à Quéliverzan était un peu difficile. Les routes changent, les itinéraires aussi. Quelques habitudes doivent être réapprises. Ce matin, ceci dit, rien, parfaitement fluide, en tout cas, à l'heure à laquelle je suis passé avec ma voiture.

Cela m'a tout de même amené à réfléchir aux causes du traffic entre les deux rives de Brest. 6000 personnes travaillent sur le Technopole. 6000 et moi et moi et moi... Mais une grande partie vit dans le centre de Brest, ou même dans les communes de l'est brestois. A vrai dire, le bassin d'emploi étant le pays de Brest, certains font une trentaine de kilomètres pour venir.

La question des déplacements reste sous-estimée dans les schémas d'aménagement. Elle n'est pas sous-estimée par les autorités compétentes mais bien dans l'esprit des citoyens de ce pays, à commencer par moi-même. D'abord parce que les déplacements relèvent de la liberté individuelle et que la structure institutionnelle locale française n'a que peu de prise avec ce qui relève de cette liberté individuelle (doit-on s'en plaindre? c'est un autre débat). Ensuite parce que chacun vit à une échelle quotidienne qui est incompatible avec un développement soutenable de l'humanité. Faire 1/2 heure de transport aller et 1/2h retour est une perte de temps, est économiquement inefficace et s'avère être une source d'émission de gaz à effet de serre. Enfin, nous refusons de réfléchir à la pertinence de nos déplacements. Tous les déplacements ne se valent et il va falloir comprendre que leur mode de réalisation est substituable. Cela signifie tout simplement, en français clair : arrêtons de prendre la voiture quand on peut le faire à pied, à vélo ou en transport en commun.

Acceptons tout simplement de rogner un peu de notre semblant de liberté individuelle pour accroître réellement les libertés collectives que constituent les enjeux du développement durable de notre société.